Malgré sa propagation, Ebola n’affecte pas les relations commerciales entre le Mali et la Guinée

Le Programme Alimentaire Mondial (PAM) a procédé à une évaluation sommaire des effets de la crise de l’Ebola sur les marchés et les échanges transfrontaliers entre le Mali et la Guinée. Il ressort de son enquête que le virus Ebola n’affecte pas les relations commerciales entre les deux pays.

L’initiative de cette mission d’évaluation de la situation est partie, selon le PAM, d’un questionnement. En effet, le Mali et la Guinée continuent, contrairement à d’autres pays de la sous-région qui ont fermé leurs frontières, à entretenir des relations commerciales. Il s’agissait pour le PAM de chercher à savoir si l’épidémie d’Ebola  a perturbé le commerce des produits alimentaires entre ces deux pays, plus spécifiquement au niveau des marchés transfrontaliers.

Après analyse, nos populations ne devraient pas s’inquiéter puisqu’il a été établi que même si, au déclenchement de l’épidémie (les trois premières semaines) des perturbations avaient été constatées, les activités sont très vite revenues à la normale. Les prix des denrées fréquemment échangés restent donc inchangés. Par contre, les recettes douanières ont, elles, subi une réduction drastique.

Poursuite des approvisionnements

Au marché de Kouremalé, par exemple, où les populations guinéennes des localités de Kankan et de Siguiri (à 80 km de Kouremalé) s’approvisionnent principalement, aucune réticence de la part des consommateurs guinéens n’a été constatée depuis le déclenchement de la crise. Les produits alimentaires (riz étuvé, l’huile végétale, les condiments, le sucre, etc.) demandés par les consommateurs guinéens sont actuellement disponibles sur ce marché.

Les flux des produits en provenance de la Guinée via le corridor de Kouremalé, se poursuivent également de façon normale. On note même une nette amélioration des flux du fonio, de l’huile de palme et du soumbala malgré la crise de l’Ebola.

Les prix des principaux produits inférieurs à leur tendance normale

Le rapport de la mission d’évaluation rapide du PAM indique que les prix des produits en partance de la Guinée restent inférieurs à leur tendance normale depuis le début de l’année 2014, malgré la crise de l’Ebola. Même situation, ou presque, concernant les produits importés de la Guinée. De ce côté, il a été remarqué que le prix du fonio importé en Guinée, a connu une très légère tendance à la hausse (+1%) en juin et septembre 2014 comparé à son niveau de 2013.

Par ailleurs, pour ce qui est du cout du transport des marchandises, la tendance est à la stabilité. Les membres du Syndicat Autonome des Transporteurs Inter-Etats des Maliens à l’extérieur (SATIM) ont confié à l’équipe d’évaluation rapide du PAM que la crise de l’Ebola n’a pas touché le transport des marchandises étant donné que les frontières ne sont pas fermées.

Le rapport invite tout de même à la prudence

Le PAM prévient dans son rapport : « Avec l’évolution actuelle du virus (augmentation du nombre de personnes infectées en Guinée), il n’est pas exclu un éventuel revirement de la situation ». Ainsi, recommande-t-il les mesures suivantes :

La mise en place systématique du suivi de la situation et des prix des produits échangés entre les deux pays au niveau de ces différents marchés visités ;

A l’instar du système de contrôle sanitaire, un renforcement du système de contrôle phytosanitaire est aussi nécessaire ;

Une mission conjointe PAM et partenaires (gouvernement, FAO, ONGs) sera nécessaire à la fin des récoltes (novembre-décembre) pour une autre évaluation rapide des effets de l’Ebola sur les échanges commerciaux.

Par maliactu.net

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