SECTEUR PRIVE GUINEEN QUEL GALOP POUR UN DEVELOPPEMENT ?

Bref rappel :

Les décennies précédentes ont vu un désengagement excessif de l’Etat vis-à-vis du développement du secteur privé, se traduisant par différents dysfonctionnements tels que l’absence d’une vision et d’objectifs consensuels, le manque d’articulation entre les différents cadres de concertation nationale et les perturbations liées à l’intervention non coordonnée des bailleurs.

Conscientes de cette situation, les organisations du secteur privé se sont efforcées, ces dernières années, de développer la concertation entre elles et de renouer le dialogue avec l’État afin d’élaborer une stratégie conjointe.

Celle-ci est basée sur une nouvelle vision consensuelle du développement où l’État joue un rôle de facilitateur et d’arbitre impartial en relation au marché, s’efforçant d’éliminer ses défaillances et fournissant les biens publics et les institutions qui le complètent.
L’inexistence d’un espace de dialogue spécifiquement réservé aux PME ou d’une organisation patronale parlant particulièrement en leur nom, n’a pas permis à cette réflexion stratégique de grande ampleur d’examiner plus précisément les intérêts propres à ce segment spécifique du secteur privé.

  1. Le secteur privé en Guinée

Au lieu d’une stratégie de développement : Le plan d’action prioritaire qui devait retenir l’attention particulière de tous est cette nouvelle stratégie de développement du secteur privé qui s’articulera sur 4 composantes, chacune sous la responsabilité d’une Commission chargée de son suivi:

Modernisation du dispositif d’appui : création d’une Agence Nationale Chargée de la Promotion de l’investissement et des Grands Travaux, de l’Agence de Développement des PME, restructuration des domaines industriels et de financement

Renforcement des capacités du secteur privé (renforcement des organisations patronales et  consulaires et ajustement interne des entreprises) ;

Simplification des procédures administratives et de justice ;

Réforme du système de formation professionnelle (amélioration de l’environnement, création d’un fonds de promotion, mise en place des organes de coordination).

  1. Décentralisation :

L’activité économique du pays reste fortement centralisée à Conakry et globalement dépendante de cette capitale économique et administrative, principal marché, seul port maritime et aéroport et unique lieu de délivrance des autorisations et certifications.

Les efforts de décentralisation ont eut un faible impact sur les PME locales. En effet, la politique volontariste de décentralisation se heurte aux limitations des services techniques locaux, aux manques de ressources financières des collectivités en l’absence d’aménagement de la fiscalité locale, à la faible capacité stratégique des élus locaux et à la faible participation des populations.

Par ailleurs le secteur privé n’a pas été suffisamment impliqué dans ce processus

  1. Etat de la formation professionnelle :

La formation professionnelle de la main d’œuvre et du dirigeant est couramment mentionnée par les petits entrepreneurs comme un de leurs principaux besoins. Elle est également mentionnée comme un besoin des micro-entrepreneurs. Malgré cela, on constate généralement au niveau des PME une productivité insuffisante due au manque de qualification technique du personnel, trop souvent à caractère familial, et au manque de formation managériale du dirigeant pour les petites entreprises..

De fait, elles investissent peu dans une politique systématique de formation continue.

D’une part, elles ont des difficultés à financer le coût complet de la formation professionnelle, et sont dès lors dépendantes des formations qui leur sont offertes.

D’autre part, l’offre de formation professionnelle n’est pas suffisamment adaptée à leurs besoins. En amont, l’enseignement technique public est relativement désorganisé, dévalorisé et insuffisamment relié aux attentes du secteur privé (notamment pour les femmes). En aval, l’offre privée de formation continue se développe mais est encore insuffisante, non coordonnée et s’adresse plutôt aux grandes entreprises qui ont les moyens d’en assumer les coûts.

  1. Aide à la création et installation d’entreprises :

Les créateurs d’entreprise ont des difficultés à financer la phase de recherche-développement de leur activité pour cause des ‘’dessous de table’’. Par ailleurs, ils manquent d’infrastructures de démarrage. Dans ces conditions, beaucoup de commerçants qui ont le capital nécessaire pour investir hésitent à se lancer dans l’investissement productif par peur de la visibilité de leurs avoirs, des problèmes de gestion de la main d’œuvre, etc.. Les porteurs d’initiatives économiques, notamment en milieu rural, ont de grandes difficultés à concrétiser leurs idées de projets d’entreprise. Un important travail de formation reste à faire pour adapter les méthodes des consultants aux problèmes des micros et petites entreprises.

Papa Malick Camara pour www.actuconakry.com

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