Quel système minier pour le développement de la Guinée ?

La Guinée est l’un des pays les plus riches d’Afrique, il est détenteur de 2/3 des réserves mondial en bauxite (minerai d’aluminium), estimées à plus de 20 milliards de tonnes avec des  teneurs de 42 à 60% en aluminium et deuxième exportateur dans le monde.

Il Possède le plus grand gisement de minerai de Fer non exploité dans le monde (Simandou sur la photo) avec des réserves estimées à plus de 10 milliards de tonnes, ce dernier pourrait générer dans le quart de siècle à venir plus de 150 milliards de dollars; exportateur du minerai d’or, on estime le potentiel en or de la guinée à plus de centaines de milliers de tonnes non exploité; Quant au Diamant les professionnels de l’industrie place les diamants de guinée parmi les meilleurs au monde du point de vu de la qualité. Des quantités de corindon ; d’uranium ; de ressources pétrolières… mais aussi un potentiel hydrique exceptionnelle plus d’une dizaine de fleuve dont le fleuve Niger et plus de 1200 cours d’eaux.

Les réserves en eaux des nappes phréatiques guinéennes sont estimées à plus de centaines de milliards de mètres cube d’eaux. Dois-je rappeler que  ces concentrations peu courantes ont poussée certains spécialistes à qualifier la guinée de scandale géologique mais aussi de châteaux d’eau d’Afrique de l’ouest de par ces  nombreux fleuves et cours d’eaux.

En outre les mines guinéennes ont la particularité d’être à ciel ouvert (the open mine en jargon minier) c’est à dire que les entreprises minières n’ont pas besoin de forer profondément pour extraire le minerai, il est déjà à la proche surface donc moyens d’investissement des sociétés  plus un minerai de qualité, c’est tout simplement extraordinaire.

 

La population guinéenne est l’une des plus Pauvres de la planète :

Malgré les nombreuses richesses dont dispose ce pays, il se trouve que sa population est l’une des plus pauvres au monde. Le pays est dans le top 20 des pays les plus pauvre de la planète, plus de 56% de la population vit au-dessous de seuil de pauvreté c’est-à-dire gagne moins d’un dollars par jour ; classé par transparency international dans le top 10 des pays les plus corrompu d’Afrique, la population manque de tout, l’eau potable, l’énergie, les  soins de santé, une éducation de qualité, plus de la moitié de la population est analphabète.

A côté de ça, s’ajoute un manque criard d’infrastructure, pas de route, pas d’universités digne de ce nom avec un seul institut de formation en géologie et mines depuis l’indépendance malgré le fait qu’on ait un pays minier.

C’est aussi et surtout une insécurité galopante, de ce fait Conakry la capitale  est classée parmi les plus dangereuses au monde  et le pays est dans la zone rouge des pays à très gros risque d’investissement à côté de la somalie, de l’Afghanistan ou encore du Congo entre autre, la liste est longue.

Mais penchons-nous un peu sur ce paradoxe.

Les causes de ce paradoxe ?

Identifions de façon superficielle les quelques causes qui selon moi ont engendré ce paradoxe.

-A mon avis le premier problème qu’a connu ce secteur a été un manque de leadership dans notre pays. En effet, depuis notre indépendance en 1958, la Guinée n’a pas eu de véritable leader pour une meilleure gestion de nos mines. Les régimes qui se sont succéder ont montré leur incapacité à faire profiter à sa population ses innombrables ressources naturelles. De Sekou Touré (avec son régime communiste et sa taxe spéciale qui a bougié le système minier), à Alpha Condé (avec un code minier mal ficelé qui encourage la nationalisation sans même l’investissement), en passant par le régime Lansana Conté ( là où des permis de recherche ont été attribuer comme des petits bonbons et surtout le bradage effectif de la première raffinerie d’alumine en Afrique). Aucun de ces régimes n’a pu changer la situation.

– Une seconde raison  qui explique ce retard c’est le problème des codes miniers qu’a connus la Guinée. D’abord celui de 1995, dans lequel l’Etat n’avait qu’un très faible pourcentage dans le capital des sociétés, il ne tenait pas suffisamment compte du développement local qui est par ailleurs  un facteur incontournable dans le développement du pays et beaucoup d’autre imperfections. Ensuite celui de 2011 qui a été réviser dans la précipitation et adopter par le CNT (conseil national de la transition office de parlement provisoire) lequel code est immédiatement rejeté par les entreprises minières et à entraîner le départ du géant de  l’aluminium BHP Bilinton, de l’arrêt du géant brésilien VALE et le gel des investissements à l’ordre de 300 millions de dollars de Rio Tinto pour ne citer que ceux-là. Il contient beaucoup d’imperfections notamment le très fort pourcentage de l’Etat 35% sans proposer de contrepartie, la taxe sur les entreprises très élevée  mais aussi la caporalisation des infrastructures minières par l’Etat soit 51%. Tous ces facteurs  ne favorisent pas l’investissement dans un pays encore fragile.

– Une autre raison  que je trouve importante, c’est la non transparence dans le secteur. La corruption est généralisée et l’octroi des permis de recherche complètement flou. On se rappelle encore de l’octroi du permis de BSGR à 160 millions de dollars dans la corruption totale lequel a cédé le gisement à 2.5 milliards de dollars soit une plus-value de 2 milliards à la société brésilienne VALE , cette affaire est en ce moment même en arbitrage; des gestions opaque des 20 millions de dollars de Palladino (société de l’homme d’affaire sud-Africaine qui a conclu avec l’Etat guinéen la possession de 35% dans le capital de la société guinéenne du patrimoine minier SOGUIPA, chose qui est scandaleux), les 150 millions de Mubadala pour le projet Dian-Dian et les 700 millions de dollars de Rio Tinto entre autres.

-Et enfin, Il y’a aussi des facteurs humaines et techniques notamment le manque de compétences dans le domaine et le non recensement de nos ressources naturelle c’est-à-dire que la Guinée devrait songer à appliquer à l’instar des grands pays minier un plan national de cartographie nationale de ces ressources pour avoir une idée générale de toute les ressources du pays et mettre en place des stations de bases qui seront des références pour toute société désireuse de prospectée dans le pays. Avec ce plan le pays pourrait élaborer des cartes géologiques et autres… dans le but d’avoir une idée générale de la répartition de toutes ces ressources dans le pays afin de pouvoir les contrôler.

Quel model minier il  faut à la Guinée pour se développer?

Le model que je vais proposer est simple et si on l’applique, il sera très efficace et entrainera un développement rapide de notre pays. Je l’ai appelé GUINEAN MODEL.

Ce modèle est subdivisé en plusieurs volets.

  • Le premier volet consiste à la formation des cadres dans le domaine minier:

On ne peut pas cautionner qu’un pays comme le nôtre avec toutes ses ressources, ne possède pas au moins d’une grande école de mine, c’est inacceptable. Je propose  donc à court terme de perfectionner et de transformer l’institut supérieur de mine de Boké en une école de mine et géologie pour former des grands ingénieurs dans laquelle toutes les filières liées aux mines seront enseignées c’est-à-dire de la prospection jusqu’au traitement des minerais mais aussi et surtout des filières telles l’Economie minière et le droit minier que je juge indispensable lors de la signature des contrats. A moyen terme construire des écoles professionnelles dans les grandes villes minières de notre pays (Boké, Siguiri, Beyla, Kindia, Kouroussa…) en vue de répondre aux besoins des entreprises dans tous les secteurs des mines et enfin à long terme créer des départements de géologie dans toutes nos grandes universités (Gamal, Kankan, Nzérékoré) pour former le maximum de cadre possible.

Dans ce même volet je propose que l’Etat alloue chaque année 1% du budget national à la recherche scientifique car je suis persuadé que le développement de ce secteur et du pays en général ne peut se faire sans la recherche scientifique ainsi que la formation d’ingénieurs et de techniciens de très haut niveau.

  • Deuxième volet cartographier l’ensemble du pays.

Ce second  volet du model consiste à lacer un vaste plan national de cartographie des zones minières du pays, à ce jour le pays n’a prospecté que les 1/10 de l’ensemble du territoire donc le potentiel à prospecté est énorme. Ce volet est très important, tous les pays miniers ont élaboré ce genre de plan, il consiste à faire des prospections continue dans les zones susceptibles de regorger des gisements  par les méthodes scientifique (télédétection, des levés Géophysique, géologique et hydrogéologique etc…). Avec toutes ces méthodes nous allons pouvoir maitriser nos ressources et imposer aux sociétés nos propres conditions.

Prenons l’exemple marocain, le pays à une institution publique du nom d’ONHYM (Office national d’hydrocarbures et des mines) composé d’ingénieurs de tout genre qui s’occupe justement de faire l’inventaire de toutes les ressources minières et pétrolières du Maroc pour éviter d’être berner par les sociétés étrangères. Les résultats obtenus par cet office à nos jours sont remarquable. Je propose donc qu’on crée chez nous un centre national de recherche minière et pétrolière (CNRMP) dans lequel nous allons faire appel dans un premier temps à l’expertise étrangère et au fur et à mesure, nous allons acquérir de l’expérience afin de contrôler nos ressources et de leur faire profiter à l’ensemble de la population. C’est possible!

  • Troisième volet : le développement local.

Réviser à nouveau le code minier, faire en sorte qu’il prenne en compte le développent du pays en général et celui locale en particulier. Je propose que l’Etat supprime certaines taxes ou du moins les diminues considérablement au profil du développement local. En effet, dans le nouveau code minier il est mentionné que l’Etat à 35% des actions dont 15% gratuites dans le capital de toutes les sociétés installé sur le territoire. Et tenez-vous bien moins de 2% est alloué au développement locale chose qui ne favorise pas le développement à la base. Donc l’Etat peut réduire ses actions et en même temps exiger aux sociétés de construire des infrastructures dans ces localités telles que les écoles, hôpitaux, routes, lieux de loisirs, centres culturels… Elles nous permettront de connaître un développement rapide à la base qui est pour moi le facteur primordial de tout développement ensuite réinjecté certains fonds aux préfectures qui n’ont pas de ressources pour établir l’équilibre. Avec cette méthode nous allons profiter des infrastructures, réduire considérablement le chômage, lutter contre l’exode rurale  et en même temps satisfaire les sociétés donc du gagnant-gagnant.

Aussi il faudra qu’on définisse des politiques qui puissent permettre d’avoir un cadre d’investissement sain, un très bon climat des affaires mais aussi assurer la sécurité des entreprise. Nous pouvons encourager l’investissement en faisant des exonérations pour les entreprises nouvellement installées par exemple mais pour ça je laisse le soin à nos imminents économistes et juristes pour nous proposer des juridiques et fiscaux clairs.

  • quatrième et dernier volet la transformation sur place des minerais.

Ce dernier volet consiste à exiger aux entreprises une transformation sur place de nos ressources ou du moins les traitées avant leur exportation, ce, après dix ans d’activités au lieu de 15 ans comme le stipule  le code minier. Il est inacceptable qu’un pays comme le nôtre qui a la moitié de la bauxite mondiale n’ait pas des raffineries pour transformer cette dernière. Il faut donc passer forcément par la transformation de ces ressources sur place pour espérer le développement de ce secteur en particulier et de la Guinée en générale. Ceci nous permettra de faire un transfert de technologie, d’embaucher des milliers de guinéens, de développer les localités où se situent ces usines et surtout gonfler de façon significative les caisses de l’Etat.

Voici donc quelques points qui pourraient changer notre pays et faire en sorte que tout guinéen puisse profiter des innombrables ressources que DIEU a donné à ce beau et merveilleux pays.

D’après les spécialistes le jour ou la Guinée arrivera à exploiter tout son potentiel, il sera obligé d’importer la main d’œuvre pour y travailler et il éradiquer à lui seule la pauvreté à jamais dans la sous-région Ouest africaine.

Maintenant la question qu’on se pose tous est A QUAND LA GUINEE EXPLOITERA-T-IL SONT POTENTIEL ?  l’avenir nous le dira…

 

BALDE ABDLOULAYE RAMADAN
Etudiant en Master 2 en Prospection et valorisation des ressources minières 
à la Faculté des Sciences et Technique de l’université Hassan 1er  Settat (Maroc).

 

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