Alerte à l’avion kamikaze au Maroc

Depuis une dizaine de jours, une ville marocaine se réveille chaque matin avec une batterie antiaérienne installée bien en évidence : Casablanca, Mohammadia, Marrakech, Tanger, Jorf Lasfar et depuis deux jours la ville occupée de Laâyoune, ont vu le déploiement d’un système antiaérien à courte portée chinois de type DY-90 pour parer, selon les médias marocains, à une éventuelle attaque terroriste venant des airs.

Ces mêmes médias lient volontiers cette menace aux supposés avions détournés par les milices djihadistes en Libye et saluent les mesures prises par les forces armées royales et pourtant, en y regardant de plus près, l’action marocaine soulève plus de questions qu’elle n’y répond.

D’abord, la raison invoquée – les avions disparus – si elle a pu leurrer quelques médias en mal de sensationnel, a eu le temps d’être traitée par les officines de renseignement internationales et probablement marocaine aussi. Il est notoire, depuis peu, qu’il n’y a pas eu de disparition d’avions en Libye et que les appareils étaient remisés à l’étranger par leurs propriétaires.

Show

Pire, il semble que les autorités marocaines aient choisi ce type de déploiement pour des considérations plus médiatiques qu’opérationnelles, car en y regardant de plus près, le système DY 90, bien que composé de lanceurs de missiles et de canons antiaériens, est loin d’être taillé pour stopper un avion de ligne. Qu’il vole en altitude de croisière ou qu’il pique sur une quelconque cible au sol et pour cause, la charge du missile étant insignifiante (3 kg) est faite pour atteindre de petites cibles, ou pour les engagements air-air.

Autre argument en faveur du show ou de l’intox, le traitement de ce type de menaces est généralement fait par l’aviation après que la détection et que la confirmation soit faite par les radars de la défense aérienne. L’indigence notoire de la DAT marocaine, dont se méfiait en son temps le roi Hassan II, la rend totalement inoffensive.

C’est probablement là que résiderait l’explication de cette opération de communication : un avion kamikaze venant de Libye pour s’attaquer au royaume chérifien devrait passer obligatoirement par l’Algérie, la route la plus directe. Une Algérie qui, contrairement au Maroc, dispose d’une des meilleures défenses antiaériennes au monde et d’une aviation de chasse plus qu’efficiente, implicitement accusée par Rabat de complicité avec les djihadistes libyens ou même d’avoir créé cette menace.

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