Senegal :Les dessous d’un retour raté : Comment Wade s’est pris au piège qu’il voulait tendre à Macky

A bien analyser les péripéties du retour… raté, hier, de l’ancien Président de la République, Me Abdoulaye Wade, après une absence de près de deux ans du Sénégal qu’il avait quitté suite à sa défaite à la Présidentielle de février-mars 2012, pour s’installer à Versailles, en France, on peut, sans exagérer, penser au sort que la toile joue souvent à son génial créateur : l’araignée. Pour dire que le père de Karim Wade, bête politique peu commun, à force de vouloir brouiller les pistes, dérouter le pouvoir en place et réussir une rentrée en scène tonitruante, a finalement été la victime de son propre stratagème.

Si Me Wade n’a finalement pas été, hier, à Dakar, où l’attendait une masse considérable de militants de sa formation politique, le Parti démocratique sénégalais (Pds), ce n’est point parce que le régime du Président Macky Sall lui a joué un tour en interdisant au jet qu’il avait loué de survoler le Sénégal et d’atterrir à Dakar. En vérité, jusqu’hier, les autorités sénégalaises, n’avaient pas connaissance de l’arrivée d’un avion affrété l’ancien Président de la République. Tout au plus, elles avaient autorisé depuis près d’une semaine le survol du territoire et l’atterrissage à Dakar, hier, d’un jet privé en provenance de la ville de Casablanca, transportant trois hommes d’affaires marocains. En vérité, derrière ce casting, se cachait… Me Wade décidé à orchestrer une arrivée qui prendrait au dépourvu les autorités politiques et les forces de sécurité déterminées à faire face à toutes tentatives de trouble de l’ordre public, après l’interdiction du meeting que projetait de tenir le Secrétaire général national du Pds sur le boulevard Charles de Gaulle.

Seulement, une fois arrivés à Casablanca, en provenance de Paris à bord d’un vol commercial de la Royal air Maroc (Ram), Me Wade et sa délégation allaient assister à l’échec de leur plan.

Les Marocains comprenant que l’ancien Président de la République avait ourdi de se substituer aux trois «hommes d’affaires marocains», ont immédiatement alerté Dakar. Les passagers signalés sur l’autorisation précitée n’étant plus les mêmes, il fallait impérativement une autre pour que Me Wade puisse décoller. Et là, surprise ! Dakar, qui pouvait exploiter cette bévue pour bloquer le leader du Pds au Maroc jusqu’à samedi – une demande de survol et d’atterrissage doit être introduite trois jours avant –, a pourtant décidé de réserver à la requête de Me Wade un traitement d’urgence : la demande introduite à 14 heures était accordée à 18 heures. Mais, les choses se gâtent encore !

Cette fois, ce sont les Marocains qui arguent de la très longue attente subie par l’équipage pour signifier à leur client l’impossibilité de rallier Dakar ce mercredi. Me Wade désarme et enjoint Oumar Sarr, son lieutenant et Coordonnateur du Pds, d’annoncer le report de son arrivée. Vers 19 heures, à la foule de militants libéraux massés sur la Vdn, le maire de Dagana lance : «Le Président Wade sera finalement à Dakar, demain (ndlr : aujourd’hui) à 15 heures». Cependant, à Casablanca, les choses se gâtent davantage. Selon des sources dignes de foi, Rabat très gênée vis-à-vis de Dakar par toute cette agitation politicienne à laquelle elle est totalement étrangère, puis finalement agacée, est intervenue pour mettre fin au cirque : aux alentours de 20 heures, la société devant transporter Me Wade signifie à ce dernier l’annulation pure et simple du contrat liant les parties. Pour sauver les meubles, la direction du Pds publie un communiqué dans lequel il est dit que c’est à la demande du Comité directeur que Me Wade a reporté à nouveau son arrivée prévue cette fois-ci, demain, vendredi. Dakaractu.com

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