La 58eme session de la Commission des Nations Unies sur la Condition de la femme à New York: le Plaidoyer de Mme SANABA KABA

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Plaidoyer pour l’élaboration et la mise en œuvre d’une stratégie nationale de lutte contre  le phénomène des mariages et grossesses précoces    

En marge de la 58eme session de la Commission des Nations Unies sur la Condition de la femme,  ma délégation  a jugé nécessaire de vous rendre  une visite de courtoisie et de travail allant dans le sens de la protection et de la promotion de la fille et de la jouissance des droits qui lui sont reconnus.

Je saisis cette opportunité pour vous remercier pour les efforts que votre institution déploie dans le cadre de la réduction des inégalités entre les hommes et les femmes, celui de la santé maternelle et reproductive mais également  dans le domaine de l’élimination de la violence basée sur le genre et l’autonomisation de la femme.

Je vous remercie sincèrement pour avoir fait de la Guinée, un pays prioritaire de l’UNFPAen ce qui concerne la santé maternelle et la sécurisation des produits de santé de la reproduction. Bien que ces domaines apparaissent comme ceux de la santé, les bénéficiaires principales sont les femmes qui sont les principales cibles de mon département. La Guinée a traversé une longue période de crise sociale et économique qui n’a pas permis d’exploiter son grand potentiel pour produire une croissance économique favorable au développement social. Les ressources des partenaires comme UNFPA nous permettent de lancer des stratégies innovantes que nous pourrons passer à l’échelle.

Dans le cadre du partenariat entre votre institution et le Gouvernement à travers mon département, des avancées significatives ont été enregistrées dans les domaines suscités en termes de politiques, de projets et d’actions directes orientées vers les cibles (acteurs et bénéficiaires), notamment :

1.      la mise en place et l’opérationnalisation de 6 centres de prise en charge des victimes VBG  qui ont favorisé la prise en charge holistique de 603 victimes de VBG , dont 515 en appui médical ; 54 en appui psychosocial et 34 en accompagnement judiciaire et socioéconomique.

2.      La poursuite de la promotion de l’accélération de l’abandon des MGF/E en Guinée ou le phénomène reste élevé 96% selon le dernier Enquête Démographique de Santé ;

3.      La poursuite de la Campagne de Planification Familiale et sur le cancer du col de l’utérus par la  mobilisation des femmes et l’implication des hommes dans la santé de la reproduction et le genre en vue de l’amélioration de la santé de la femme et la réduction de la mortalité maternelle à laquelle mon département a joué un rôle de premier plan;

4.      La poursuite des activités de prévention des conflits et de consolidation de la paix à travers la mise en œuvre du 2ème Plan d’action nationale  de l’application de la Résolution 1325 et connexes ;

En dépit de ces acquis, des défis restent à relever notamment, les grossesses et mariages précoces.

 

Dans ces domaines, il est à souligner que les résultats de l’enquête nationale sur les violences basées sur le Genre révèlent que le taux de prévalence des mariages précoces  en Guinée, reste le plus élevé en Africaine sub-saharienne, soit une moyenne 3/5 fille mariée avant leur 17ème année.

Ce taux de prévalence culmine les 76%  en Haute Guinée, suivie de la Moyenne –Guinée et de  la Guinée Forestière (75%), la Basse Guinée (61%) et  la Zone spéciale Conakry (39%).

En ce qui concerne les Grossesses précoces et non désirées:

Les filles guinéennes font leur première naissance à un âge précoce, dont 7%  avant l’âge de 15 ans, 28% avant 18 ans et 32% avant 20 ans d’âge.

Ce sont là des situations inquiétantes à améliorer rapidement à travers une stratégie nationale spécifique visant l’élimination des mariages précoces et grossesses non désirées en vue de préserver la santé  maternelle  et reproductive des millions de filles et assurer leur autonomisation socioéconomique.Les données démographiques existantes ne nous ont pas permis de produire des évidencesfactuelles pour illustrer la vulnérabilité des filles. Le dernier recensement général de la population et de l’habitation date de 1996 (du fait de la situation sociale et politique du pays).

 

Avec l’appui substantiel de l’UNFPA, la Guinée est entrain de conduire actuellement son troisième recensement dont les résultats serviront à mieux planifier le développement. Nous utiliserons les données de ce troisième recensement pour développer des outils de plaidoyer sur la vulnérabilité des filles et une politique spécifique pour adresser la situation.

Sur la base des résultats du RGPH3 et de l’étude sur la vulnérabilité des adolescentes que nous réaliserons cette année, cette politique  sera bâtie autour de :

•       L’autonomisation sociale  des adolescentes ;

•       L’autonomisation socioéconomique des familles ;

•       La promotion et la protection des droits de la fille ;

•       L’information et la formation des communautés sur les instruments juridiques reconnus à la fille.

Le développement du leadership féminin par le renforcement des capacités des ONG féminines, le renforcement du cadre institutionnel y compris celui des institutions républicaines en vue de l’élaboration, l’adoption et la promulgation des textes d’application de lois relatifs aux droits reproductifs, VIH/SIDA, VBG et MGF.

A ce titre,  je compte rencontrer les partenaires de terrain telles les organisations des  femmes leaders en vue susciter leur réelle implication dans ce processus qui vise l’accélération de l’élimination des inégalités et les discriminations à l’égard des femmes et des filles en Guinée, telles que mentionnées dans le rapport de la Conférence Internationale sur la Population et le Développement après 2014.

Pour terminer je souhaite vivement le soutien et l’accompagnement de mon département par votre institution pour la réalisation de ce processus important pour les femmes et la nation guinéenne, à travers la prise en compte de la Guinée parmi les pays prioritaires pour les stratégies des adolescentes.

Standard de www.actuconakry.net : +224 631 63 63 87

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