POUR LA CREATION D’UN MOUVEMENT CITOYEN A BUT UNIQUE : L’ABOLITION DE L’ESCLAVAGE AU FOUTAH DJALLON

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Compte tenu de la demande incessante pour la rediffusion de cette contribution de Elhadj Mansour KABA ,l’équipe de www.actuconakry.net revient pour cette rediffusion satisfaire ces nombreux lecteurs et lectrices.

Très chers Compatriotes,

Savez-vous qu’à la fin de ce saint mois de Ramadan, en ce XXIe siècle, et en République de Guinée, des compatriotes vont aller saluer d’autres compatriotes en se courbant à « quatre pattes » devant ceux-ci, qui sont considérés comme « nobles », et qui vont prendre leurs dos comme repose-pieds ?

Savez-vous qu’aujourd’hui encore, en ce XXIe siècle, et en République de Guinée, certains citoyens Guinéens sont obligés, du fait de leur état d’esclaves, de sacrifier des boucs noirs à la place du bélier blanc du Prophète Abraham ?

Savez-vous qu’aujourd’hui encore, en ce XXIe siècle, et en République de Guinée, des Erudits en sciences coraniques ne peuvent pas diriger la prière des croyants, du fait de leur état d’esclave ou qui sont confrontés au refus de certains coreligionnaires qui se disent « nobles », de prier derrière un Imam d’origine esclave ?

Savez-vous qu’aujourd’hui encore, en ce XXIe siècle, et en République de Guinée, des compatriotes sont spoliés du fruit de leur labeur en zone rurale, au Foutah Djallon, parce que condamnés à travailler toute leur vie pour des « nobles » qui leur promettent le Paradis grâce à leurs bénédictions ?

Oui. Allez au Foutah Djallon, visiter les « Rundè » et les « Foulah-so » pour constater de visu les conditions de vie et de travail de ceux qui ont été soumis à un système d’esclavage inhumain, dégradant et mesquin, depuis la victoire des Peuhl islamisés à la bataille de Talansan en 1730 contre les Peuhl, les Maninka et les Djallonka, alorsanimistes.

Il ne s’agit donc pas de soutenir ou de combattre une quelconque ethnie, car des Peuhl (les Poulli de Koly Tenguéla) sont aujourd’hui encore également soumis à ce système esclavagiste suranné. Ceux-ci portent les mêmes patronymes et parlent la même langue que leurs maîtres, mais l’esclave se reconnaît comme tel et se comporte en conséquence face à celui-ci : s’asseoir par terre pour lui parler et lui manifester un dévouement à toutes épreuves. Ici la communauté de langue et d’ethnie n’annule pas du tout les conditions humiliantes de l’esclave. Cette réalité et ces pratiques révoltent la conscience humaine dans un pays dont l’Article 8 de la Constitution proclame : « Tous les êtres humains sont égaux devant la loi. Les hommes et les femmes ont les mêmes droits.Nul ne doit être privilégié ou désavantagé en raison de son sexe, de sa naissance, de sa race, de son ethnie, de sa langue, de ses croyances et de ses opinions politiques, philosophiques ou religieuses ».

Un puissant mouvement citoyen à but unique, à savoir l’abolition de l’esclavage au Foutah Djallon, doit être constitué partout, afin d’obliger les députés de la future Assemblée Nationale à voter une « Loi pour l’abolition de l’esclavage en République de Guinée ».

El Hadj Mohamed Mansour KABA ;Email : mansourkaba@yahoo.fr

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