Exclusif-Takana sort du silence : Le Guinéen est ingrat!

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Le Guinéen, le problème avec le propriétaire de la maison abritant son studio, l’industrie culturelle française, Alpha Blondy, Tiken Jah et…, Takana parle de tout à Guinee7.com. Et en exclusivité.

Guinee7.com : Bonjour Takana, tu t’es attaqué à l’industrie culturelle française sur ta page facebook, il y a quelques jours. Qu’est-ce qui se passe ?

Takana Zion: Oui, pour des raisons qui me concernent, j’ai compris beaucoup de choses en France durant mes six années d’expérience musicale dans les régions et provinces avec des tourneurs, producteurs et managers. Ces gens-là ont toujours tendance à sous-estimer les artistes africains. Pour eux, te donner la chance de venir jouer ou de tourner en France signifie que tu ne mérites pas beaucoup d’argent. Ils pensent qu’avec un salaire de 300 euros, tout va bien chez toi. Par contre, le travail que tu fais est beaucoup plus grand que ce que tu ne perçoives. C’est à l’image d’un salaire d’esclave.

Avec mon premier album « Zion Prophet » en 2007, j’étais coproducteur avec Manjul, ainsi on a donné la chance à MakaSound de produire ‘‘Rappel à l’ordre’’  et ‘’Rasta gouvernement’’  par Never Under et Soul beat Record.

Tu as des artistes jamaïcains qui traitent des textes d’arrogance et souvent dont la musique n’est pas de bonne qualité mais sont beaucoup payés. J’ai réfléchi à tout ça et me suis dit que cela est dû à une question d’éducation et de formation. La Guinée ne maitrise pas sa propre industrie musicale et elle n’a pas une certaine expérience dans la production musicale.

Il est vrai que la Guinée a eu des grands artistes comme Aboubacar Demba Camara, des orchestres d’Etat  mais ce n’était pas la musique indépendante  ni engagée comme le reggae qui a des producteurs indépendants. C’est maintenant que la Guinée se prête à ça.

Depuis 2011, j’ai commencé à prendre du recul petit à petit. Maintenant que je réside en Guinée, mon souhait est de créer une base, une structure  avec laquelle je pourrai travailler pour mieux vendre le travail que je fais en Europe. Ici, le concert de Takana Zion, c’est cent mille personnes même les français en ont vu. Donc c’est impossible qu’on rabaisse un artiste qui draine autant de spectateurs dans son pays. Même si la Guinée n’est pas développée comme la France, c’est parce qu’il n’y a pas de bons managers en Guinée ou c’est un manque de compétence professionnelle en matière de show-biz.

Il se raconte que tu es un artiste difficile à gérer. As-tu essayé de ‘’bosser’’ avec des managers ou des agents guinéens vivant en Guinée ?

(Rires) je suis un artiste très ouvert. J’ai voulu travailler avec Malick Kébé et Benedi mais ça n’a rien donné. Avec Tidiane Soumah de Tidiane World Music, j’ai compris que ce monsieur n’avait aucun plan de carrière pour moi. Pendant que je cherche le maximum de dates dans le monde, eux ils se renferment sur la Guinée avec son actualité politique. Donc, nous n’avions pas les mêmes objectifs concernant la musique. A présent, j’essaye de bosser avec des jeunes qui, au fur et à mesure auront de l’expérience et la confiance va se développer entre nous. Désormais, je veux que ce soit ma propre structure basée en Guinée quipuisse négocier mes contrats dans la sous-région et partout dans le monde.

‘‘Alpha Blondy et Tiken Jah Fakoly

ont peur de la relève’’

Que reproches-tu aussi à Alpha Blondy et Tiken Jah Fakoly ?

Alpha Blondy et Tiken Jah Fakoly ont peur de la relève. Cela fait plus de 20 à 30 ans que c’est Alpha Blondy et Tiken qui tournent en Europe. Pourquoi pas Takana Zion, Dread Maxim ou d’autres jeunes artistes qui sont en train d’émerger partout en Afrique ? Ce continent est quand même vaste et plein de talents pour ne parler que des deux, c’est impossible. En France, j’ai fait beaucoup de concerts mais à un moment donné, j’ai compris que Tiken et Alpha Blondy sont encore présents sur le terrain. Les gens qui sont derrière eux ne veulent pas qu’on se rencontre sur les mêmes festivals pour partager la scène. La seule fois que Tiken et moi avions joué ensemble en France, c’était à l’Elysée Montmartre, il y a quelques années.

Tu déclares ne plus vouloir jouer en France à moins de 20 mille euros. Pourquoi cette décision ?

Tout simplement parce que je suis un bon chanteur et je fais une musique de haute qualité. Mes textes sont riches et puissants parce que je raconte ce que je vis quotidiennement. Donc Avec autant de valeur et de professionnalisme dans mon travail, je ne pourrai pas jouer en dessous de 20 mille euros en France.

Es-tu sollicité par des tourneurs, agents ou producteurs en ce moment ?

Il y a assez de tourneurs qui me contactent mais je dis merde à la façon de travailler qu’ils me proposent actuellement. Il faut que ça soit fait sur de bonnes bases. S’il est vrai que Takana Zion est l’un des plus grands artistes de la Guinée, je ne dois pas sortir de la Guinée pour un concert avec moins de 15 personnes. C’est-à-dire avec des musiciens guinéens formés ici, des journalistes de la presse écrite, radio et télé, un cuisinier et agent de sécurité, comme ça quand tu arrives, on va te respecter. Malheureusement, Takana quitte toujours seul parce qu’il a eu un visa à l’Ambassade de France pour aller tourner avec des gens qui ont leurs structures sur place. C’est tellement différent que ça ne peut pas faire ta promo. Du coup ça te rabaisse et ils te poussent à accepter des choses inimaginables. La musique n’est pas une course de vitesse mais plutôt une course de fond.

‘‘Je fais partie de l’histoire de

Manjul et vice versa’’

Que devient la relation ou la collaboration entre toi et Manjul ? Quand on sait que cela fait très longtemps que vous ne jouez plus ensemble ?

Non aucune raison ne pourrait me séparer de Manjul. En Guinée, il y a beaucoup d’ignorants, des gens qui détournent toujours l’information. Je suis souvent au téléphone avec Manjul. J’ai travaillé avec lui sur « Zion Prophet et Rappel à l’ordre » (NDRL : 1er et 2ème album international de Takana) mais Dieu a voulu que pour « Rasta Gouvernement », j’aille tenter une nouvelle expérience avec d’autres musiciens en Jamaïque. La musique, ce n’est pas une histoire de sentiment. Ce n’est pas parce que j’ai fait 2 albums avec Manjul que je ne peux pas aller jouer avec des musiciens de la Jamaïque. Il y a des moments où j’ai des vibrations avec toi et on travaille. Mais cela ne veut pas dire que s’il y a d’autres énergies ailleurs, je ne peux pas bosser avec cette autre personne. En gros, en matière de musique, tu peux travailler avec différents musiciens et producteurs sur différents albums. Je garde de  bons souvenirs de Manjul sur mon album ‘‘Zion Prophet’’. Au mois de mai dernier, je devais faire un concert avec lui mais ça n’a pas eu lieu. C’est pour vous dire que je suis avec Manjul et il a toujours envie de jouer avec moi. Je suis l’artiste de Manjul et je pense qu’il vous dira que Takana Zion est l’artiste avec lequel il se sent mieux sur scène. Je fais partie de son histoire et vice versa.

‘‘Mon logeur a essayé à plusieurs

fois de m’humilier au studio’’

Depuis quelques jours, on lit dans la presse que votre studio Kanamacina a été délogé de la Camayenne. Le propriétaire des locaux, M. Bangaly Sylla  vous réclamait 8 mois de loyer non payés. Que répondez-vous à ces accusations ?

Yes man, je vous remercie beaucoup déjà. Franchement, je ne voulais pas répondre  aux propos de tonton Bangaly dans la presse. D’ailleurs, je ne suis pas le seul propriétaire du studio. Mon associé Mamadou Lamarana Bah alias Lambios et moi avions racheté le studio des mains de 36 States (NDLR : un chanteur d’origine nigériane qui vit en Guinée). C’est avec mon associé que monsieur Bangaly a d’ailleurs signé le contrat de location. Il n’a donc pas à crier mon nom partout que Takana lui doit. Surtout quand il a essayé à plusieurs fois de m’humilier au studio. Il lui est même arrivé une fois de fermer nos locaux sans préavis. Il a fallu que je paye 30 millions de francs guinéens pour une année de location à travers le frère KPC. J’ai aussi mes amis et ma famille qui me soutiennent.

Justement, puisque ce n’est pas avec toi qu’il a signé le contrat, pourquoi M. Bangaly s’est acharné sur toi ?

Il connait bien mon associé mon frère. Tu sais, ici c’est le comportement propre du Guinéen. On n’aime pas voir quelqu’un de glorieux. Dès que le guinéen voit que tu es une célébrité, que tu sois footballeur ou artiste, c’est avec plaisir qu’il va se foutre de toi. Et donc moi, j’ai eu à travailler avec M. Bangaly. Franchement, pour le respect que j’ai pour lui, il dit qu’il connait ma famille, nous sommes de la même famille car mon père et son grand-frère sont des amis mais moi, j’ai toujours payé la location. J’étais réglo avec lui. Donc au nom de toutes les valeurs morales que je représente, je ne peux pas me permettre d’habiter la maison de quelqu’un et m’amuser à ne pas payer le loyer, étant donné que j’ai voyagé dans le monde avec ma musique.

A combien aviez-vous racheté ce studio ?

Nous avions racheté le studio à quinze mille (15 000) euros. Chacun a payé 7 500 euros. On a trouvé du matériel dedans et Lambios a acheté un ordinateur Mac et moi, j’ai décoré toute la maison du studio. J’ai aussi rajouté des instruments, j’ai rénové la maison de l’ingénieur du son, mettre un climatiseur et aménagé une toilette praticable.

Comment as-tu appris la fermeture du studio ?

On m’a appelé un seul jour pour me dire que Bangaly a fermé le studio. Il ne nous a jamais donné de préavis. Il a confisqué beaucoup d’appareils de notre studio mais ça, il ne l’a pas dit. Moi, je ne prends pas ça en mal, parce que je dois m’attendre à tout dans cette Guinée où les gens sont profondément méchants et potentiellement dangereux. Sinon, je ne suis qu’un fils ou un frère à M. Bangaly. Quel que soit le problème entre nous, il peut me dire Takana vient et on parle. Mais s’il veut m’intimider, ça ne peut pas marcher.

Toi, qui connais M. Bangaly, comment as-tu trouvé son comportement ? Penses-tu qu’il est manipulé ?

Bon, c’est ce que mon entourage pense et a dit. Surement, Bangaly est dans le système sinon comment peut-il se lever tout d’un coup et fermer le studio sans un préavis quand même ! A ce que je sache, pour les contrats de location, il y a des lois et réglementations. Tu ne peux pas vider un locataire célèbre comme moi sans préavis et raconter du n’importe quoi sur ma personne. Que je lui dois 8 mois de loyer et 4 millions 500 mille francs guinéens pour l’électricité mais c’est faux. Je dis c’est faux, c’est archifaux Bangaly, c’est faux ! (NDLR : il était très remonté). Je ne me suis même pas prêter à une quelconque confrontation  avec lui. C’est un homme âgé que j’ai beaucoup respecté donc s’il se rabaisse de cette façon, je ne voudrais pas faire comme lui.

‘’Dieu est mon témoin, je voulais

rendre le studio

parce que je ne voulais

plus travailler dedans’’

Il se racontait depuis des mois que tu voulais te débarrasser de ce studio ? Ton associé était informé de ton intention à quitter le studio ou revendre tes actions ?

Oui, avant de partir pour la France, j’ai fait comprendre à mon associé Lambios et copropriétaire du studio (NDRL : ce dernier a refusé de décrocher nos appels et répondre à nos SMS, NDLR), à ma structure et à tous les frères qui sont autour de moi, Dieu est mon témoin que je voulais rendre le studio parce que je ne voulais plus travailler dedans. C’est fini, c’est mort le studio. Lambios n’est jamais venu me rencontrer. Un certain moment, il ne venait même pas au studio et c’est quand j’ai voyagé qu’il m’a appelé pour me dire qu’il veut prendre la charge du studio. Je lui ai dit que je ne veux plus travailler avec lui. Mais s’il veut prendre le studio, il peut le faire mais moi, je recherche un client pour racheter ma part. Comme ça, si tu t’entends avec lui, vous pouvez travailler ensemble.

Et pourquoi ?

J’ai déduit et analysé que payer 30 millions de francs guinéens par an pour la location du studio est une perte parce qu’il ne me rapporte même pas cent francs par mois. Je suis obligé de le laisser (rires) dans les mains des artistes. Ils viennent poser (chanter) gratuitement. Moi-même, j’enregistrais beaucoup de morceaux pour ne pas voir mon investissement se dégrader tous les jours, tu vois. J’ai investi beaucoup d’argent dans ce projet, j’ai refait la maison, la peinture pour que ce studio ait une vraie image. J’ai fait venir des musiciens de l’étranger, des ingénieurs de son pour qu’ils restent là pour former des jeunes et travailler au studio. Maintenant, que cela ne me rapporte rien, j’ai décidé un moment de quitter chez M. Bangaly ou de revendre mes actions jusqu’à ce que je finisse de réaliser mon propre studio d’enregistrement à Coyah. C’est bien de faire des choses pour le pays, d’aider des jeunes mais si c’est pour sortir de l’argent de sa poche et perdre à chaque fois, ce n’est pas la peine de continuer.

Quels souvenirs gardes-tu du studio et du quartier ?

Je garde de bons souvenirs de ce studio. J’ai enregistré beaucoup de morceaux et réalisé assez d’émissions dans ce studio. J’ai fait venir un ingénieur du son de Road House, j’ai produit mon dernier album international ‘’Kakilambé’’ et d’autres sons comme ‘’Maria Maria’’ qui figure sur l’album ‘’Dali menguè’’ dans ce studio. Notre départ  de ce studio a fait mal à tous les habitants du quartier Camayenne. Quand nous étions là-bas, les femmes qui revendaient du riz devant le studio faisaient des recettes de 300 à 500 mille francs guinéens par jour. Beaucoup de choses ont changé là-bas, la rue était fréquentée et les enfants ne s’ennuyaient pas du tout. C’est pourquoi, j’avais décidé de ne pas répondre à M. Bangaly et j’en profite pour lui présenter mes condoléances suite au décès de sa fille Dicko qui était une très bonne amie à nous.

‘’Tout investissement de Takana

dans ce pays est saboté’’ ;

‘’Je suis allé travailler dur en Europe pendant l’été, le printemps comme en hiver’’

Après le studio, c’est au tour de ton restaurant basé à la plage Rogbané de Taouyah à Ratoma. Qu’est-ce qui ne va pas chez Takana ?

Tout investissement de Takana dans ce pays est saboté. Ce n’est pas le studio seulement, même mon restaurant à la plage Rogbané de Taouyah, on me fait la guerre partout. Tu vois des frères qui se défoulent sur moi pour ne rien. Eux, ils pensent qu’avec tout ce que je fais dans le monde, je compte m’enrichir avec des bouts de bois à la plage de Taouyah ou le studio.  Je ne peux pas continuer à investir dedans  si on me combat parce que je le fais aussi pour la jeunesse. J’ai senti que l’on me combat et l’on cherche à me niquer partout où j’investis. Ils ont oublié que ma structure Tavaka records et moi avions organisé beaucoup d’évènements ici en Guinée. Je suis allé travailler dur en Europe pendant l’été, le printemps comme en hiver. L’argent que j’ai gagné au lieu de venir faire le ‘’farot’’ (farce, NDLR) dans les night-clubs à Conakry, j’ai payé cher les billets d’avion de mes musiciens pour venir donner des concerts live en Guinée.

‘‘Le show est bien beau, y a du monde, on m’aime,

mais au finish rien comme argent !’’

Avant ce temps, même les artistes comme mon frère Alpha Wess, Kill Point ne jouaient pas en live, ils faisaient du semi-live. Lors de la dédicace de mon premier album ‘’Zion Prophet’’ le 2 décembre 2007, Malick Kébé m’avait dit de jouer en Sound system comme les Yannis Odua et autres, j’ai dit non. Ma musique est live, elle représente ma vie donc il faut que je chante en direct. Tu vois, à chaque fois que j’investis dans mes concerts, c’est toujours bondé de monde mais à la fin, y a rien comme argent. J’ai fait ça plus de 5 fois à chaque sortie d’albums avec des concepts et tout. Le show est bien beau, y a du monde, on m’aime mais au finish rien comme argent. En Guinée, il n’y a aucun système de sécurité dans le showbiz pour te faire gagner de l’argent. La musique, c’est comme de la drogue, le sexe, l’alcool, comme tout élément facile à consommer parce que les gens ne peuvent pas vivre sans ça. Donc un vrai concert de Takana Zion bien monté, bien ficelé avec des tickets numériques infalsifiables, un système de sécurité qu’il faut, tu es capable de vendre 100 à 200 mille tickets en Guinée et partout en Afrique de l’Ouest. Donc nous sommes conscients que nous avons une image à préserver.

Que fais-tu depuis ton retour de Paris ?

Depuis mon retour à Conakry, je consacre mon temps à ma femme et mon fils Almamy Zion car je n’allais pas au studio à la Camayenne. J’ai un ami qui a un studio à Ratoma, c’est là-bas que je vais pour chanter et j’ai enregistré 4 chansons. Même dans mon propre studio à Coyah, je ne suis pas allé visiter. J’essaye de garder le maximum d’énergie puisque Dieu a fait que je suis devenu papa. Je dois suivre l’éducation de mon enfant afin qu’il grandisse bien et que Jah l’aide à faire des grandes choses plus que moi. Je ne cherche pas à séduire un Guinéen ou quoi que ce soit, je m’occupe de ma vie et c’est tout.

 

‘‘Mes détracteurs ne peuvent pas me descendre’’ ;

‘’Je suis rasta mais je n’ai pas manqué de respect

à la religion musulmane de mes parents’’

 

Un message à tes fans, aux Guinéens et à ces détracteurs qui voulaient profiter de l’occasion pour te descendre ?

Non, mes détracteurs ne peuvent pas me descendre. Ceux qui me connaissent savent que kanamacina, ce n’est pas un petit concept. Je suis issu d’une grande famille et noble. Mes grands-parents ont joué un rôle majeur dans l’indépendance des soussous en Basse Guinée. C’est grâce à eux que Samory Touré n’est pas venu en Basse Guinée, il faut qu’il le sache. Nous sommes des propriétaires terriens, des intellectuels, des artistes et sommes de familles rasta. Le Guinéen a toujours aimé rabaisser son prochain. Tu as vu ici, ils ont hué Titi Camara au stade du 28 septembre en scandant Titi zéro, Titi zéro alors que ce footballeur a fait les beaux jours du football guinéen et fait rêver tout le monde. Le Guinéen est ingrat et tant qu’il n’arrêtera pas de manquer de respect aux hommes que Dieu a élevé parmi eux, la Guinée restera toujours dans cette malédiction. Regarde comment est ce pays-là ? Quand tu vois les jeunes, on dirait que nous sommes des maudits quoi. Les gens sont intelligents, les journalistes s’expriment mieux que n’importe quel journaliste en Afrique, les sénégalais, les ivoiriens et autres mais aucun respect pour eux. Quand tu essaies de te surpasser, tu as des frères qui ont décidé de mourir dans la sauvagerie et l’ignorance. Il n’y a plus de patriotes dans ce pays, les gens ont honte de l’être. Ils ne sont plus libres de penser et à partir du moment où tu n’es plus libre de penser, c’est comme si tu as signé un pacte avec le diable.  Nous, nous devons être capables de donner notre petit avis sur tous les problèmes sociopolitique, économique et culturel en Guinée quel que soit notre âge. A chaque fois qu’il y a des grèves ou des marches, ce sont des jeunes qui tombent, qui sont les victimes. Alors moi, j’ai choisi ce travail (la musique) pour échapper à ma propre famille que j’ai quitté depuis l’âge de 16 ans. Aucun membre de la famille Soumbouyah de Coyah ne voudrait voir son enfant, porter des dreads car pour la famille, c’est un enfant perdu. Mais moi, j’ai eu foi en ce que je fais. Je suis rasta mais je n’ai pas manqué de respect à la religion musulmane de mes parents. Je les ai trouvés dans ça, c’est leur style. Dieu m’a donné la chance de prendre ma liberté et c’est la chose la plus importance pour moi dans ce monde.

Guinee7.com

 

1 commentaire
  1. keita dit

    Tout ce que tu a dit c vrai j’ai meme pleure de tes paroles soit forte ce la vie

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