Législatives 2013 : Quand le BL de Faya Millimouno fait une fuite en avant (analyse)

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Depuis le 4 juillet, lendemain de la signature de l’accord global, sanctionnant le dialogue entre la classe politique et le Gouvernement, les choses se précisent chaque jour dans la perspective de la tenue des élections législatives, le 24 septembre prochain. Le Bloc libéral (BL) de Faya Millimouno se redresse sur le cheval, comme on le dit en maninka. Faya jusque-là l’un des leaders les plus hargneux de l’opposition radicale, annonce qu’il ne prendra pas part à ces consultations. Une formation naissante qui prend le risque de manquer à un rendez-vous aussi important que le scrutin sur la mise en place de l’Assemblée nationale.

Raisons évoquées

Suite à une plénière, le BL n’a trouvé de solution à son mécontentement que de renoncer à un devoir sacré en démocratie pour un parti politique : la participation au scrutin devant choisir les représentants du peuple au sein de la seconde institution républicaine avec pour mission de contrôler l’action gouvernementale. Au BL, on continue encore à dénoncer l’accord politique global du 3 juillet, entre la Mouvance, l’opposition et le Gouvernement. Ce, pas dans tous ses points, mais celui reconnaissant WayMark comme l’opérateur de saisie de la CENI pour conduire la révision du fichier électoral. Malgré la limitation désormais du rôle de WayMark au recensement, Faya Millimouno et son parti continuent à rejeter la société sud-africaine, sous prétexte que l’opposition s’est trop battue pour ça.

Justement, à l’analyse des faits, on se rend compte que Faya Millimouno et certains de ses camarades politiciens se sont donnés trop d’importance dans les mouvements d’avant les législatives. Cependant ils sont des leaders qui ne pèsent en rien sur l’échiquier politique. Il n’est un secret pour personne que le BL et tant d’autres Grandes Gueules de l’opposition radicale n’ont aucune base nationale. ‘‘En Guinée, où est-ce que Faya ira demander de voter pour lui’’ ?, s’interroge un citoyen.

Le leader du BL ne doit aucunement avoir peur que la communauté internationale découvre réellement qui il est. Les représentants des grands pays savent ‘‘qui est qui sur la scène politique’’. Toutes les grandes ambassades et chancelleries ont des services politiques qui maitrisent mieux la situation politique guinéenne que bon nombre de leaders de partis. Ainsi, F. Millimouno et le BL avaient plutôt intérêt à participer à ces élections que de les bouder.

Autre raison non évoquée par le BL pour bouder les législatives, serait bien le manque de financements. F. Millimouno et ses cadres n’ont pas les poches remplies pour s’aventurer actuellement dans quelconque élection en Guinée. Son malheur, malgré ses multitudes tournées, F. Millimouno n’a pas trouvé de bailleurs de fonds à partir de l’étranger. A l’intérieur, le marigot ne cesse de tarir, même pour les gros bonnets de l’opposition. Ceux qui peuvent mettre la main à la proche n’en peuvent plus, parce que les attentes de la présidentielle de 2010 n’ont pas été comblées. Le candidat sur qui, ils avaient jeté leur dévolu avait lamentablement échoué face à la machine Arc-en-ciel.

Quel avenir politique pour le BL et son leader ?

Les conséquences de ne pas participer à un scrutin comme les législatives sont néfastes pour un parti. D’abord, le parti perd son statut d’opposant, bien que cela ne soit pas mentionné dans les lois. Car, c’est l’Assemblée qui donne la recomposition du paysage politique. C’est à partir de là qu’on saura qui est Majorité et qui est Minorité. En plus, il s’agit là de partis politiques qui serviront désormais d’interlocuteurs pour la communauté internationale.

Ensuite, le boycott d’un scrutin par un parti peut provoquer le départ de la plupart de ses militants. Surtout quand il s’agit d’une formation naissante comme le BL. Même si son leader est conscient que le parti n’a quasiment pas de militants, faut-il encore prendre le risque de perdre le peu de Guinéens qui accepteront de voter pour le BL ? Ainsi, Faya Millimouno et ses camarades du BL, bien qu’ils soutiennent avoir longuement réfléchi, devraient prendre conseils auprès des partis qui ont déjà tenté ce coup par le passé.

Parlant toujours de l’avenir politique de F. Millimouno et du BL, on se demande bien s’ils manqueront aussi les élections communales, annoncées pour mars 2014, selon des sources proches de la CENI. Comme les mêmes causes produisent les mêmes effets, il va falloir s’attendre à un futur boycott de scrutin de la part du BL. Sans être pessimiste, on voit mal comment le BL mobilisera la foule (militants) à sa cause, et son leader trouver suffisamment de moyens financiers pour faire face aux dépenses du parti, parce qu’il en est ainsi en Guinée.

Sachant qu’ils n’étaient pas prêts pour les législatives par manque de militants et de moyens financiers, F. Millimouno et d’autres leaders radicaux n’ont cessé de tout mettre en œuvre pour empêcher ce scrutin avec des revendications jugées insensées par plus d’un Guinéen. Et, le leader du BL n’a pas manqué de demander des élections couplées en 2015, suite à un consensus à rechercher pour la mise en place d’un gouvernement d’union nationale. Heureusement que les grands leaders ont compris, en fin, qu’ils étaient plutôt manipulés par ceux qu’ils croyaient manipuler.

Ainsi, après Faya Millimouno qui sera le prochain à annoncer son absence pour le rendez-vous du 24 septembre ? Les optimistes pensent qu’il sera le seul, tenant compte des alliances qui se forment actuellement.

Cheick Ah. Tidiane Diallo guinee.7

 

 

 

 

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