Ministère des Travaux Publics : Passation des marchés publics

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Le nécessaire coup de pouce aux  entreprises guinéennes

Nous en parlions dans notre précédente livraison. Au-delà des faits dénoncés, pour ce qu’il est de la passation des marchés publics dans le monde guinéen des entreprises, l’une des questions fondamentales, c’est bien entendu le nécessaire appui aux entreprises locales. Toute chose dont semble d’ailleurs intimement se préoccuper le Groupement des Entreprises Routières de Guinée. Lequel, il conviendrait sans doute d’appuyer dans son élan…

Nous faisions allusion dans un article paru dans notre dernière livraison à une correspondance poignante que le Groupement des Entreprises Routières de Guinée (GERG)  a adressée au mois de février dernier au ministre d’Etat, chargé des Travaux publics et des Transports, Bah Ousmane. Une correspondance que nous avons, sans grande hésitation, assimilée à un véritable cri de cœur des entrepreneurs guinéens.

Avant d’y aller de nouveau, encore une fois, que les choses soient suffisamment claires. Il ne s’agit de susciter une quelconque chasse aux sorcières, à fortiori tomber les pieds et mains liés dans une posture de xénophobe. Sous les cieux les plus cléments, il va sans dire que les intérêts locaux passent bien avant ceux de l’étranger. Barack Obama, le président américain, le rappelait à sa façon d’ailleurs lors d’un récent séjour en Afrique du sud. Face certainement à ce que d’aucuns perçoivent à tort ou à raison comme un « envahissement des pays africains par les entreprises chinoises ». Bien sûr que la raison d’Etat a parfois ses raisons que le citoyen lambda pourrait ignorer royalement. Cependant que « la charité bien ordonnée commence par soi-même ».

Pour en venir à une juste proportion des choses. Il y a qu’en relisant la correspondance du Groupement des Entreprises Routières de Guinée adressée au ministre Bah Ousmane, l’essentiel n’est certainement pas de reprouver les comportements de certains hauts cadres des Travaux publics ou d’ailleurs, mais bien d’en appeler, voire rappeler cette nécessité impérieuse d’appuyer, voire de donner le nécessaire coup de pouce aux entreprises guinéennes. Surtout lorsqu’il s’agit de passations de marchés publics basées sur l’apport substantiel du Budget National de Développement (BND).

En clair, lorsqu’il s’agit de financements extérieurs, il n’y aurait aucune raison objective de rejeter les entreprises étrangères. Lesquelles, en dépit de tout, apportent bien aussi leur concours au développement de la Guinée. Donner par contre la priorité aux entreprises locales ne rimerait d’autant pas avec l’arbitraire qu’une disposition spéciale du Code laisse clairement entendre ‘’qu’à compétence égale, la préférence doit pouvoir aller à l’entreprise locale’’. Une telle disposition ne tombe évidemment pas du ciel. Il y a bien de raisons objectives qui militent en faveur de la cela. Evidemment que la première de celles-ci, c’est que les richesses produites en Guinée doivent pouvoir aller à la consommation intérieure,  avec ce que cela implique de création de mains d’œuvre et de prise en charge en arrière-plan de nombreuses familles guinéennes. Sans compter que c’est entre autres aussi l’une des solutions à la non fuite des capitaux.

L’autre raison, pour ne pas dire avantage certain, c’est que c’est en mettant la main à la pâte que les entrepreneurs guinéens vont devenir des plus aguerris. Par conséquent plus aptes à apporter à leur pays un savoir-faire basé sur l’expérience. Le transfert des compétences et des technologies, cela vous dit certainement quelque chose ! Sans vouloir vilipender quelque entrepreneur étranger que ce soit, il est quasiment un secret de polichinelle aujourd’hui qu’une fois une certaine entreprise décroche un marché, il n’y a qu’à visiter le chantier pour se rendre compte que le premier souci n’est certainement pas d’avantager la main d’œuvre locale.

En ramenant donc les choses à leurs justes proportions, à travers le dossier de la passation des marchés publics que nous évoquons, il s’agit de donner avant tout un contenu concret à une volonté politique exprimée ici comme ailleurs. Il va sans dire que la Guinée, avec le régime du « changement », est un vaste chantier. Lequel ne saurait toutefois se réaliser sans le concours de ses dignes filles et fils. Tant mieux si le Groupement des Entreprises Routières de Guinée se dit prêt à relever le défi. Nous y reviendrons …

Lanciné Dramé

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