Complicité d’escroquerie: le chef de cabinet du ministère de l’Enseignement pré universitaire devant la justice

0 23

C’est peut-être l’avènement de l’Etat de droit en Guinée, si ce n’est pas pour amuser la galerie. Kèlèfa Diallo, l’ancien chef des services examens et concours du ministère de l’Enseignement pré universitaire, actuellement chef de cabinet du même département était, lundi 17 juin, devant un tribunal de Conakry pour complicité d’escroquerie portant sur un montant d’un peu plus de deux milliards de francs guinéens.

Professeur de mathématique de son état, Monsieur Diallo Kèlèfa, âgé de soixante ans, aurait assisté dame Kadiatou Fofana, l’assistante du chef du service matériel de son ministère à user de fausses qualités et de manœuvres frauduleuses pour se faire remettre de l’argent par des étudiants désireux de poursuivre leurs études à l’étranger. Une accusation que l’enseignant rejette catégoriquement.

Dame Kadiatou Fofana, arrêtée l’année dernière à Pita en Moyenne Guinée et incarcérée à la maison centrale de Conakry, reconnaît les faits d’escroquerie mis à sa charge. Dans ses explications, la dame explique en revanche qu’elle agissait sur instruction des responsables du ministère dont Kèlèfa Diallo.

En plus de Kèlèfa Diallo, dame Kadiatou Fofana a cité aussi une autre dame, Aïssata Traoré, une ancienne cheffe de cabinet, aujourd’hui conseillère du ministre parmi les responsables du département, qui savait qu’elle recevait de l’argent des étudiants. Et qui, de ce fait, venait la voir pour lui dire d’utiliser cet argent.

L’argent des étudiants, au nombre de 114 pour l’instant, est estimé à plus de deux milliards. D’après les explications de dame Kadiatou Fofana, cet argent était logé dans un compte. Lorsqu’un problème se pose au ministère, les chefs lui demandent d’y prendre le montant correspondant à la résolution de ce problème.

La prévenue a cité comme exemples de problèmes résolus, les travaux de rénovation, l’ameublement de certains bureaux et d’une salle de conférence pour le ministre Ibrahima Kourouma à l’INRAP (Institut national de recherche et d’action pédagogique). Avant d’ajouter l’ameublement du domicile de Kèlèfa Diallo.

Elle serait donc prête à les rembourser si le département reconnaissait sa part de responsabilité.

Kèlèfa Diallo a reconnu avoir traité des affaires avec Kadiatou Fofana qui n’est qu’un prestataire de services domiciliée dans l’enceinte de son ministère. Selon ses explications, il n’a jamais reconnu Kadiatou Fofana comme fonctionnaire. La dame serait propriétaire d’une entreprise du nom de Djindjima.

Comme exemples, le chef de cabinet a cité l’équipement de son bureau juste après sa nomination et l’ameublement de son domicile. Des services qui seraient à ce jour payés.

Kèlèfa Diallo s’est avant tout dit « surpris d’apprendre qu’il est complice dans une affaire d’escroquerie ». « Je suis loin de là. La seule chose que j’ai faite avec Kadiatou Fofana, c’est un bon de commande pour la rénovation de mon bureau. Je ne lui ai jamais dit d’en faire pour les autres » s’est défendu Kèlèfa Diallo.

Kèlèfa Diallo a précisé qu’il a eu affaire avec la dame en sa qualité de prestataire de service. Ce, au détriment du service matériel de la division des affaires financières. Le faisait-il parce qu’il savait que Kadiatou Fofana détenaient l’argent des étudiants ? En réponse, l’ancien chef service examens et concours a précisé en outre, qu’il n’a su que la femme avait cet argent qu’à la suite de son arrestation.

Revenue à la barre pour être mise en confrontation avec Kèlèfa Diallo, Kadiatou Fofana a balayé d’un revers de la main, toutes les déclarations faites par l’enseignant. Comme les autres, dame Fofana a réaffirmé que Kèlèfa a eu fait face à elle parce qu’il savait qu’elle avait l’argent des étudiants en quête de bourse. Avant de s’opposer aussi au fait qu’elle soit simple prestataire de service.

Sur ces mots, le tribunal a ordonné la comparution du directeur des ressources humaines du département. Bien que cela n’enlève pas au fait son caractère délictueux, il pourrait permettre de savoir qui de Kèlèfa ou de Kadiatou est de bonne foi.

Prochaine audience, le lundi 24 juin.


Heinan Goba
de Conakry pour GuineeActu

 

Laisser un commentaire