Coyah: Une fusillade à l’université fait deux morts dont un étudiant

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Parallèlement à la crise politique qui ne cesse de s’aggraver en Guinée, la flèche de l’insécurité, elle aussi, file vers les sommets. La preuve en a été donnée ce matin du samedi, 27 avril 2012, dans la localité de Bentourayah, située sur le tronçon Coyah-Conakry. Deux personnes froidement abattues et une troisième activement recherchée, ainsi qu’une paralysie totale de la circulation par les étudiants de l’Université privée Amadou Dieng. C’est là le résultat de la tragédie que les habitants de cette localité ont été amenés à vivre en ce week-end.
Contraint de s’y rendre, le ministre en charge de l’enseignement supérieur, Baïlo Telivel Diallo a joué aux sapeurs-pompiers. Mais de l’avis de certains observateurs, après le lynchage d’un présumé criminel la semaine dernière à l’hôpital préfectoral, l’insécurité dans la ville-carrefour de Coyah mérite d’être prise un peu plus au sérieux.
Pour le drame de ce samedi, nos sources nous indiquent que tout aurait commencé avec la venue de deux jeunes dans l’enceinte de l’université Amadou Dieng, à la recherche d’un certain Oumar Bah, de la 3ème année Géo-mines…
Ce dernier, interpellé alors qu’il était en classe, serait sorti avec son plus fidèle ami en la personne de Mamadou Hady Bah. Une fois dehors, une dispute se serait aussitôt engagée entre les arrivants et Oumar Bah.
Selon nos informations, la dispute aurait porté sur une vague histoire de téléphone. Progressivement, la tension serait montée de part et d’autre et, tout d’un coup, l’un des jeunes aurait sorti un revolver qu’il a pointé en direction de la tête d’Oumar avant d’appuyer sur la gâchette.
La détonation trouble le calme relatif du coin et la victime s’affaisse aussitôt. Apeurés, les assaillants prennent aussitôt la tangente, poursuivis par Mamadou Hady Bah. De son côté, un autre étudiant qui, d’un peu plus loin, avait assisté à la scène, va tout de suite alerter les amis qui étaient en classe. Tout l’établissement se vide de ses occupants et, en quelques minutes, les étudiants se rendent maîtres du secteur et bloquent systématiquement la circulation.

Quelques-uns entreprennent d’aller en direction des “bandits”. Le malheureux tueur, après une certaine distance et quelques coups de feu protecteurs, entre dans une demeure où il souhaite se cacher. Il en est débusqué par la horde d’étudiants qui en avaient après lui. Il est alors soumis à la sentence de la justice populaire jusqu’à ce que mort s’en suive.
Et c’est seulement après, que quelques-uns se rappellent de la nécessaire prise en charge médicale de la première victime, Oumar Bah. On se met en devoir de le transporter à l’hôpital national Donka. Une fois sur place, les médecins conseillent qu’on l’envoie plutôt à la clinique Pasteur. Malheureusement, il rend l’âme avant destination, dans les bandes de 13 heures.
Pendant ce temps, à Bentourayah, les étudiants, toujours possédés par l’esprit de vengeance, continuent à faire régner leur loi, en prétextant de la recherche du second criminel. Pendant plusieurs heures, la circulation est littéralement bloquée. Ce qui oblige certains automobilistes à emprunter une piste plus que défoncée qui passe par la localité de Kassonyah. Une piste reliant le Km36 au carrefour principal de Bentourayah.
Selon nos dernières informations, le calme serait progressivement revenu grâce en partie à la venue sur place du ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique qui se serait particulièrement entretenu avec les autorités de l’université Amadou Dieng. Des pick-up de la gendarmerie et de la police y ont également été remarqués, mais avec un retard criard.

In GuineeConakry

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